Comment Fabrique T-On Le Fromage?

Comment Fabrique T-On Le Fromage

Il ne s’agit pas uniquement de traire une vache, une chèvre ou une brebis et de transformer le lait. La fabrication d’un fromage demande un vrai savoir-faire et de nombreuses étapes pour y parvenir ! Pour fabriquer un fromage, il est nécessaire de solidifier le lait, on y ajoute un ingrédient appelé “présure” qui lui permet de coaguler, de se figer.

Le lait se “divise” en deux matières : l’une liquide appelée “petit lait”, l’autre solide, le “caillé”. On récupère cette pâte qui sert de base au fromage. Cette étape consiste à presser le caillé manuellement dans un linge ou mécaniquement en utilisant une presse.

L’eau superflue encore présente est évacuée. Selon le type de fromage que l’on souhaite fabriquer, on va presser plus ou moins le caillé. Le sel est un ingrédient important de la fabrication. Il va permettre de prononcer le goût du fromage, d’agir en tant que conservateur, de modifier sa texture.

  1. Le sel peut être également ajouté à d’autres étapes de l’élaboration du fromage;
  2. Il s’agit de donner une forme au fromage avec des moules;
  3. Par ce biais, on peut aussi définir sa taille et son poids;
  4. Un fromage peut être conditionné dans du papier d’aluminium comme pour les portions de La Vache qui rit® ou de Kiri® et même enrobé de cire comme le Babybel®;

Le moulage va permettre également au fromage d’être reconnu, un crottin de chèvre n’a pas le même aspect qu’un gouda ! Il n’est pas systématique pour tous les fromages, mais certains d’entre eux doivent être encore égouttés pour être conservés plus longtemps.

  1. Ils sont donc pressés dans leur moule;
  2. Certains fromages doivent être affinés;
  3. C’est un peu comme si on laissait mûrir un fruit pour qu’il soit meilleur ! Une croûte se forme, la pâte se colore et le goût se prononce;

Si cette étape est très importante pour certains fromages, elle n’existe pas pour d’autres qui se consomment frais. Les fromages à pâte molle sont lavés en surface et ceux à pâte dure sont brossés pour activer la fermentation. C’est une transformation qui s’opère grâce à des bactéries présentes naturellement dans le lait.

  1. Pour obtenir des fromages différents , les étapes ne se ressemblent pas toujours;
  2. L’origine du lait varie, la propension de sel ajouté change, les moules sont de formes diverses, le pressage est plus ou moins fort, l’affinage plus ou moins long et l’ultime étape n’a pas toujours lieu;

Les règles qui régissent la fabrication de chaque fromage contribuent à fabriquer des aliments très distincts les uns des autres… et autant de façons de les déguster ! Miam !.

Comment ce fait la fermentation du fromage ?

L’égouttage – Durant cette phase, ce sont presque 80% de l’eau contenue dans le caillé qui sont extraits. Lors de l’égouttage, deux types de facteurs interviennent :

  • un facteur biologique : acidification ou « fermentation lactique », génératrice de porosité dans le caillé.
  • un facteur mécanique qui se déroule en plusieurs phases : le découpage, le brassage, le chauffage et enfin le pressage.

Cette étape est essentielle car c’est la conjugaison de ces facteurs qui va déterminer la dureté et l’onctuosité du fromage à venir. Pour bien comprendre, observons de plus près les deux cas les plus extrêmes : l’égouttage d’un fromage frais et celui d’un Comté par exemple. Pour obtenir un fromage frais au goût acidulé, on favorise la fermentation lactique. Le lait est maintenu pendant quelques heures (de 12h à 48h) à une température avoisinant les 15°C. Pendant ce laps de temps, les ferments se développent et produisent de l’acidité (le lactose devient de l’acide lactique). L’acide lactique déminéralise alors le caillé en lui enlevant une grande partie de son calcium, et donc, de sa souplesse.

On obtient alors un caillé « lactique », d’une grande porosité qui s’égoutte lentement et spontanément. A l’opposé, pour obtenir des pâtes dures, on va fabriquer plus rapidement et à plus haute température (30° à 40°C).

L’égouttage se fait ici de manière mécanique. On découpe alors le caillé afin d’accélérer l’écoulement du lactosérum (« le petit lait »), on brasse et on chauffe. Le caillé se contracte alors sous le double effet du remous et de la chaleur. Quand il est suffisamment égoutté, il est mis en moule. C’est en combinant ces deux types de facteurs que l’on peut donner naissances à toutes les sortes de pâtes fromagères. En privilégiant le facteur biologique, on se rapprochera des fromages frais avec des formats plutôt petits. A l’inverse, en favorisant le facteur mécanique, on produira des pâtes plutôt dures pouvant supporter des formats de plus en plus grands selon les différentes étapes d’égouttage.

  • Intervient alors la phase de pressage, plus ou moins forte selon le degré souhaité de dureté de la pâte;
  • Ainsi, en fonction de ces différentes méthodes de fabrication, se dessinent les différentes familles de fromage : les pâtes molles ( Camembert , Munster;

) sont uniquement découpées, les pâtes persillées ( Roquefort , Bleu des Causses. ) sont découpées et brassées, les pâtes pressées (Tomme de Savoie, Saint-Nectaire. ) sont découpées, brassés puis pressées, quant aux pâtes pressées cuites (Emmental, Comté , Beaufort.

) elles sont en plus chauffées. Nous sommes au 2ème ou 3ème jour d’existence du fromage. Celui-ci vient d’être salé, au sel fin de la ferme ou par trempage dans un bain de saumure en laiteries, et termine son égouttage.

Il doit maintenant être affiné, sauf pour les fromages frais qui sont emballés sitôt égouttés.

Comment fabriquer le fromage dans les usines ?

Quelle est la matière première du fromage ?

Qualité – La qualité des fromages de chez nous est incontestable. Elle est garantie par un système de mesures préventives et de contrôles à travers toute la filière. Contrôles stricts du lait Le lait est la principale matière première pour la production de fromage.

  1. Celui-ci doit toujours être frais et de qualité bactériologique irréprochable;
  2. Il subit de nombreux contrôles avant d’être utilisé dans une fromagerie;
  3. Actuellement, le lait employé pour la production de fromage est labellisé QFL,c’est-à-dire Qualité de la Filière Lait;

Cela signifie que la qualité du lait est garantie dans toutes les phases de la production et du transport. Au niveau de la fromagerie Dans une fromagerie, les exigences portent sur la qualité des matières premières, l’aménagement de l’entreprise, l’entretien des installations, la préparation et l’hygiène.

  1. Ces exigences reposent sur le système international de contrôle de qualité ‘Hazard Analysis Critical Control Point’ (HACCP);
  2. Après la fabrication … Après la préparation, les fromages sont contrôlés quant à la composition (teneur en matière grasse, en humidité et en sel), la contamination, la forme et le diamètre;

Les propriétés gustatives et olfactives sont également testées. A l’aide d’une sonde à fromage, un échantillon est analysé. Les bulles d’air doivent être réparties sur tout le fromage, la couleur doit être uniforme et l’odeur et le goût doivent être agréables.

Où se fabrique le fromage ?

Définitions complémentaires selon le type de fromage [ modifier | modifier le code ] – Les caractéristiques concernant l’extrait sec, la teneur en matière grasse et l’origine du lait, doivent figurer sur l’étiquetage.

  • Les fromages frais (fromages blancs, suisses, demi-sel…) sont riches en eau (70 % à 82 %), et ne subissent pas d’ affinage.
  • Le minimum de matière sèche, pour les fromages autres que frais, est fixé à 23 %.

Il est autorisé d’adjoindre un qualificatif au mot fromage : un « triple crème » contient au minimum 75 % de matière grasse ; un « double crème » en contient de 60 % à moins de 75 % ; un « fromage gras » , de 50 % à moins de 60 % ; un « fromage allégé » (et sans addition de sucre) de 20 % à moins de 30 % ; un « fromage maigre » , moins de 20 %. L’article 7 du décret précise que la dénomination « fromage » peut être utilisée pour tout mélange ou assemblage entre eux de produits définis aux articles 1 à 3 (fromages blancs et bleu), pour autant que le mélange ou l’assemblage n’incorpore pas d’autres ingrédients que ceux qui sont autorisés dans ces fromages [ 8 ].

  1. Les fromages fermiers sont fabriqués à la ferme ou dans le lieu d’estive, par l’éleveur ou un salarié, exclusivement avec le lait que l’éleveur produit;
  2. Ce type de production, s’il est proposé à la vente, peut faire apparaître sur son étiquetage la mention « matière grasse non précisée » et a le droit de déroger à l’indication des valeurs nutritionnelles;

La mention «  au lait cru  » est réservée aux fromages obtenus avec du lait dont la température n’a pas été portée au-delà de 40  °C et qui n’a pas été ultrafiltré ou microfiltré. Depuis le 20 juin 1992 (décret du 19 février 1991 ), tous les fromages produits à la ferme, affinés, doivent comporter l’indication d’une date limite d’utilisation optimale ( DLUO ), et les fromages frais une date limite de consommation ( DLC ).

Quel ferment dans le fromage ?

Ferments lactiques et présure, les deux clés de la coagulation laitière – Ferments lactiques et présure sont précisément les deux principales substances utilisées pour la coagulation, comme l’explique Franck Lehmann, directeur adjoint de l’ ENILV (Ecole Nationale des Industrie du Lait et des Viandes), où les étudiants sont formés à la transformation fromagère : «  Les ferments ou bactéries lactiques entraînent une acidification du lait qui forme alors un caillé dit lactique, à prise lente.

Comment est fabriqué le ferment lactique ?

Etape 2, 3, 4, 5 … à recommencer jusqu’à obtenir l’onctuosité voulue –

  1. Chauffez dans une casserole 1 litre de lait  à plus de 80 °C. Laissez à cette température pendant 20 minutes.
  2. Laissez refroidir le lait jusqu’à 57°C si vous avez une couverture épaisse, ou 50°C si vous avez une yaourtière électrique.
  3. Ensemencez avec 5 cl puis à partir de la 3°  étape seulement  1 cuil. à soupe de la préparation précédente, mélangez bien
  4. Versez dans vos pots de yaourts et placez sous la couverture épaisse, ou bien dans la yaourtière.

A chaque fois, ce sera un peu plus épais que la fois précédente. Comptez au minimum 5 étapes pour obtenir un yaourt épais, c’est un peu plus long qu’avec le kéfir. Vous pourrez repiquer ce ferment éternellement à condition de l’utiliser à intervalles d’au moins une fois par semaine.

Comment est fabriqué le fromage frais ?

Quels sont les ingrédients pour fabriquer du fromage soi-même – Pour produire un fromage, le principe est toujours le même. Il faut partir du lait caillé. Pour cela rien de plus simple, il suffit d’ajouter de la présure et un ferment lactique dans le lait frais.

Quelle quantité de lait Faut-il pour fabriquer un Charolais ?

C’est cette couverture bleutée qui caractérise, entre autres, le fromage Charolais. Il se présente comme un cylindre d’une hauteur de 7,5 cm. Il pèse entre 250 et 320 grammes. Il faut environ 2 litres de lait pour fabriquer un seul fromage.

Comment se fait la transformation du lait en fromage ?

Le lait est l’ingrédient principal du fromage. Pour le solidifier, on y ajoute de la présure et des ferments lactiques. La présure est une enzyme naturelle qu’on trouve dans l’estomac des jeunes ruminants. Elle permet de coaguler le lait. Durant la coagulation, une partie des protéines du lait, la k-caséine, est attaquée et détruite.

Les protéines se rassemblent, tombent et créent le “caillé”. Après obtention du caillé, il y a un reliquat liquide appelé lactosérum ou “petit-lait”, et un reliquat beaucoup plus consistant, le coagulum.

C’est le coagulum qui va devenir fromage. Les fromages frais sont consommés peu après l’égouttage. Les autres fromages subissent, eux, une phase d’affinage avec ajout de sel. L’affinage peut être plus ou moins long, de quelques jours à quelques années ! C’est lors de la phase d’affinage qu’une croûte apparaît.

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Quels sont les ingrédients du fromage ?

Il ne s’agit pas uniquement de traire une vache, une chèvre ou une brebis et de transformer le lait. La fabrication d’un fromage demande un vrai savoir-faire et de nombreuses étapes pour y parvenir ! Pour fabriquer un fromage, il est nécessaire de solidifier le lait, on y ajoute un ingrédient appelé “présure” qui lui permet de coaguler, de se figer.

Le lait se “divise” en deux matières : l’une liquide appelée “petit lait”, l’autre solide, le “caillé”. On récupère cette pâte qui sert de base au fromage. Cette étape consiste à presser le caillé manuellement dans un linge ou mécaniquement en utilisant une presse.

L’eau superflue encore présente est évacuée. Selon le type de fromage que l’on souhaite fabriquer, on va presser plus ou moins le caillé. Le sel est un ingrédient important de la fabrication. Il va permettre de prononcer le goût du fromage, d’agir en tant que conservateur, de modifier sa texture.

  • Le sel peut être également ajouté à d’autres étapes de l’élaboration du fromage;
  • Il s’agit de donner une forme au fromage avec des moules;
  • Par ce biais, on peut aussi définir sa taille et son poids;
  • Un fromage peut être conditionné dans du papier d’aluminium comme pour les portions de La Vache qui rit® ou de Kiri® et même enrobé de cire comme le Babybel®;

Le moulage va permettre également au fromage d’être reconnu, un crottin de chèvre n’a pas le même aspect qu’un gouda ! Il n’est pas systématique pour tous les fromages, mais certains d’entre eux doivent être encore égouttés pour être conservés plus longtemps.

Ils sont donc pressés dans leur moule. Certains fromages doivent être affinés. C’est un peu comme si on laissait mûrir un fruit pour qu’il soit meilleur ! Une croûte se forme, la pâte se colore et le goût se prononce.

Si cette étape est très importante pour certains fromages, elle n’existe pas pour d’autres qui se consomment frais. Les fromages à pâte molle sont lavés en surface et ceux à pâte dure sont brossés pour activer la fermentation. C’est une transformation qui s’opère grâce à des bactéries présentes naturellement dans le lait.

Pour obtenir des fromages différents , les étapes ne se ressemblent pas toujours. L’origine du lait varie, la propension de sel ajouté change, les moules sont de formes diverses, le pressage est plus ou moins fort, l’affinage plus ou moins long et l’ultime étape n’a pas toujours lieu.

Les règles qui régissent la fabrication de chaque fromage contribuent à fabriquer des aliments très distincts les uns des autres… et autant de façons de les déguster ! Miam !.

Quelle bactérie dans le fromage ?

La listériose est une infection causée par une bactérie, la listeria, que l’on retrouve notamment dans les fromages au lait cru. Inoffensive pour la plupart des gens, elle peut s’avérer dangereuse pour les femmes enceintes ou les personnes fragiles. Rédigé le 25/09/2008 , mis à jour le 13/10/2015 Comment Fabrique T-On Le Fromage.

Qui a inventé le mot fromage ?

Les racines étymologiques du mot « fromage » Le grec phormos a donné le latin forma, qui signifie « former » ou « mouler ». Ainsi, dans l’Antiquité, on parlait de caseus formaticus pour désigner le « fromage fait dans un moule ».

Quel est le pays qui a inventé le fromage ?

Une archéologie du fromage ! – Éric Birlouez précise que” le fromage est très récent dans l’histoire de l’humanité, car pour faire du lait, il fallait d’abord savoir domestiquer des espèces de mammifères. Cette histoire commence à l’époque du Néolithique précisément, il y a 10 000 ans, avec la domestication des chèvres et des brebis au Proche-Orient, puis grâce aux bovins, plus tard”.

Les premières traces de fromage sont retrouvées en Pologne il y a environ 7000 ans : l’archéologie avait permis de trouver des petits morceaux de poteries cassés avec des petits trous formés qui dataient très vraisemblablement de cette époque : ils contenaient du fromage et les petits trous laissaient alors penser à une sorte de faisselle , de moule ! Des analyses chimiques ont permis de constater qu’il y avait des matières grasses que l’on pouvait attribuer au fromage.

” En France, tout se passe à la même époque : quelques migrants, arrivés sur la plage de Roquebrune près de Menton, transportent avec eux, dans leur pirogue, les produits qu’ils ramenaient de chez eux. Tout porte à croire qu’ils avaient, eux aussi, domestiqué des brebis et des chèvres”.

Qui fabrique du fromage ?

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Un artisan fromager est une personne qui maîtrise la transformation d’un lait en fromage. Avec l’ agriculteur producteur fermier , il est l’un des deux corps de métier à posséder ce savoir. L’artisan fromager travaille pour son compte ou pour une entreprise. La laiterie où il exerce son métier est plus ou moins importante. Le lait qu’il met en œuvre est acheté auprès des agriculteurs.

Pourquoi la France a autant de fromages ?

Les fromages français sont liés à un savoir-faire artisanal traditionnel. Depuis la préhistoire, le fromage est présent dans notre alimentation. Le fromage est apparu en même temps que l’élevage, à l’époque Néolithique, c’est-à-dire 7000 ans avant J. C’est un concentré de l’aliment de vie qu’est le lait, dont il permet de conserver les vertus.

  1. Le fromage est donc un acte de civilisation et de développement humain puisqu’il répond à la nécessité de conserver le lait, source abondante de protéines;
  2. Étiologiquement, le mot « fromage » vient de « mettre en forme »;

Aujourd’hui, l’ancrage de la tradition fromagère en France est fort puisque le pays compte plus de 90 000 exploitations laitières et 3 000 producteurs de fromages qui ont tous un savoir-faire propre. Avec, en moyenne, 40 têtes pour 60 hectares de terres, les fermes laitières  françaises sont à taille humaine. L’histoire du fromage, c’est un peu de l’histoire de France. Elle croise le chemin de Charlemagne ou de Napoléon, se mêle au rôle des religieux ou participe à l’évolution de la recherche scientifique. Étroitement mêlé à l’histoire française et à sa tradition, le fromage est d’abord un produit de terroir, souvent fabriqué dans une aire géographique restreinte et selon des méthodes bien caractéristiques.

  1. Un grand nombre de fermes françaises appartiennent au patrimoine architectural, voire historique, comme les fermes de Thiérache, en Picardie, ou certaines fermes bressanes ou franc comtoises;
  2. En aval de la filière, les lieux où se déroule l’affinage des fromages témoignent aussi du patrimoine culturel, comme les caves des Causses de l’Aveyron avec leurs fleurines, ou les caves d’alpage, ou encore les grottes naturelles, voire les tunnels de chemin de fer réformés ou les anciens forts militaires de montagne;

C’est souvent le lieu de production qui donne son nom au fromage. Cantonnée à une commercialisation sur les marchés de proximité faute de pouvoir maîtriser le froid et faire voyager une matière fragile, la production est en effet restée longtemps fermière et de petits volumes.

Le munster est né en 855 dans un monastère alsacien. Son nom signifie “église abbatiale”. Un siècle plus tard, vers 960, une autre recette voit le jour en Picardie : l’évêque de Cambrai incite les moines de Thiérache à prolonger l’affinage de leur fromage, initiative à l’origine du fameux maroilles.

Selon un texte de 1060, il est stipulé que les redevances dues à l’abbaye de Conques devaient être acquittées en l’espèce de deux fromages de Roquefort. Plus tard, en 1411, le roi Charles VI octroie par lettres patentes aux habitants de Roquefort, qui affinaient des fromages dans leurs caves depuis l’Antiquité, le monopole de cette pratique « tel qu’il est fabriqué de temps immémorial dans les grottes dudit village», charte qui fut confirmée par Charles VII en 1457, Henri III en 1516, François II en 1560, Louis XIII en 1619, Louis XIV en 1645 et Louis XV en 1752.

  1. Depuis, l’AOC a été obtenue en 1925 et confirmée en 1973;
  2. C’est donc toute l’Histoire de France qui apparaît à la lumière de ce savoir-faire artisanal et traditionnel, comme une interaction régulière entre moeurs et politique;

Les multiples méthodes de fabrication des fromages démontrent l’aptitude de l’homme à s’adapter à la nature et à son environnement. En France, la sélection des multiples races laitières et les huit grandes familles de fromages sont autant de réponses de l’homme au climat, à la géographie et parfois à la géologie d’une région de production.

  • En Poitou et en Touraine, l’herbe se fait rare en été : on y élève des chèvres depuis les invasions sarrasines du VIe siècle;
  • En Normandie, le climat humide et doux assure toute l’année la présence d’herbe et donc de lait;

Il n’est ainsi pas nécessaire de conserver très longtemps les fromages qui sont donc des pâtes molles, à affinage court comme le camembert ou le neufchâtel. Quand vient l’hiver, l’affinage s’allonge un peu, avec le pont l’évêque et le livarot. Déjà décrit dans le Roman de la Rose en 1236, l’angelot du Pays d’Auge est l’ancêtre du pont-l’évêque, fromage à pâte molle et à croûte lavée.

  1. C’est aussi l’aïeul du Livarot;
  2. Le Bassin Parisien, est depuis longtemps très urbanisé;
  3. Pour approvisionner les villes toute l’année, on livre aux fromagers des variétés à pâte molle, comme le brie, partiellement affinés;

L’affinage se prolonge dans les caves calcaires de ces fromagers, qui deviennent ainsi affineurs, et des fromages “faits” sont disponibles en toute saison. Dans le Massif Central et l’Auvergne, les hivers froids et neigeux nécessitent depuis 2000 ans la fabrication de fromages de grande taille qui se conservent longtemps, comme le cantal ou le laguiole.

Dans les Pyrénées, le lait, surtout de brebis, est disponible en plaine au printemps, puis en été dans les montagnes. On fabrique donc de gros fromages comme l’Ossau-Iraty et le Béthmale qui se conservent jusqu’au printemps suivant.

Dans le Nord, en Lorraine ou en Alsace, il y a peu d’herbages et donc peu de lait en hiver. Les fromages, fabriqués essentiellement dans les monastères, doivent se conserver tout au long de l’hiver. Il s’agit donc de variétés à pâte molle, mais à affinage long et à croûtes lavées, comme le maroilles et le munster.

Dans le Jura ou dans les Alpes, le lait est produit en été, dans les pâturages libérés par la fonte des neiges. Il permet de fabriquer d’énormes fromages à pâte pressée : comté, beaufort, abondance. Ces fromages “de garde” sont les plus grands : ils dépassent tous les vingt kilos, et peuvent en peser plus de cent.

Ils résistent au transport et se conservent longtemps. Ils redescendent dans les vallées à l’automne, et permettent de tenir jusqu’à l’été suivant. Au XIIIe siècle en France, naissent les premières coopératives de production : les “fruitières”. Les éleveurs de certains villages des Alpes et du Jura rassemblent leur collecte de lait quotidienne pour en faire faire un seul gros fromage.

  • En région méditerranéenne, les brebis et les chèvres s’adaptent mieux que les vaches à la végétation rare et au temps chaud et sec;
  • Les fromages sont petits : pélardon, banon ou tomme d’Arles;
  • Ainsi, les fromages entretiennent tous une relation particulière à l’espace;

Leur inscription en un lieu s’accompagne d’un ancrage historique et de pratiques collectives. Les productions locales croisent l’espace, le temps et font l’objet de savoir-faire partagés. Toutes les productions fromagères ont une histoire différente, mais l’antériorité qui donne une crédibilité est vraiment liée à la mémoire transmise.

  • Les fromages français procurent un sentiment d’identité et de continuité très fort;
  • La profondeur historique, la localité, la notoriété et les savoir-faire forment l’identité d’une région;
  • L’Appellation d’origine contrôlée (AOC) française -à travers la dénomination d’un pays ou d’une localité – protège des contrefaçons un fromage qui est originaire de ce pays et dont les qualités ou les caractères sont dus au milieu géographique comprenant des facteurs naturels et des facteurs humains;
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L’objectif de l’AOC est de formaliser juridiquement un cadre permettant de protéger une relation entre un fromage et un lieu ou une tradition. Cette démarche de protection et la dimension patrimoniale d’un certain nombre de productions fromagères s’explique par le contexte du libre-échangisme et de la mondialisation.

  • En effet, il est beaucoup question aujourd’hui de territorialisation des activités, de fixation des bassins de production associés à l’aménagement du territoire et à la lutte contre la désertification des campagnes;

L’attribution d’une protection pour les uns implique conjointement l’exclusion pour les autres. Lorsqu’un fromage bénéficie d’une AOC, une zone de protection très stricte est délimitée, au delà de laquelle il est interdit de fabriquer le fromage sous son nom.

  1. Il en est ainsi par exemple du beaufort, du bleu de Gex, de l’abondance ou du saint-nectaire;
  2. La démarche de protection concerne un mode ou un lieu de production qui fait partie du vivant diversifié, évolutif et éphémère;

Un fromage est l’aboutissement d’une accumulation de savoirs, de pratiques, d’observations, d’ajustements à mettre en relation avec la représentation que l’on s’en fait. Le vivant évolue et fait interférer de nombreux facteurs. Ainsi les micro-organismes, occupent une place considérable dans l’élaboration des fromages.

Les ferments jouent un rôle déterminant dans les processus de maturation, de fermentation et d’affinage associés ou non à des techniques qui peuvent être d’une extrême complexité, aux différents stades d’intervention sur la matière vivante.

En matière de pratique fromagère, température et temps de chauffe du lait, choix du ferment, taille des grains du caillé, intensité du pressage de la pâte, traitement accordé à la croûte, fréquence de retournements, degré d’hygrométrie sont autant de paramètres qui se conjuguent à l’infini et interfèrent sur la flore microbienne active pour donner la diversité que nos connaissons.

  1. Moisissures, levures et bactéries évoluent dans une complexité extrême, maîtrisées par les pratiques et les savoir-faire;
  2. Ainsi, le vivant recèle un potentiel d’évolution et de variabilité considérable, dans lequel l’homme puise;

Mais il est aussi associé à une durée de vie limitée: les savoir-faire extrêmement diversifiés qui le façonnent sont à la base de la conservation. L’accent est mis ici sur l’histoire de ces productions dès lors que l’on cherche à protéger une tradition ou une origine géographique.

L’ancrage historique d’un fromage passe par l’identification attentive et minutieuse des modes d’intervention et leur évolution. L’existence d’une profondeur historique forte est assimilée à l’authenticité patrimoniale d’un fromage.

Or, elle doit être associée à une continuité des savoir-faire, faute de quoi l’on risque d’utiliser l’histoire pour légitimer des productions pseudo-patrimoniales, tirant simplement parti de la notoriété d’un lieu sans renvoyer à la spécificité d’un produit.

Certains groupements professionnels veulent faire passer des productions fromagères pour traditionnelles, du seul fait que cette activité a pu avoir une réalité historique. Les fromages français sont liés aux transmissions orales de génération en génération.

De nombreuses techniques de production sont des astuces développées empiriquement et peu transcrites sur papier. Par exemple, le coup de main du fromager qui plonge son bras dans la cuve en cuivre et palpe le grain du caillé pour donner le tempo aux phases de productions.

  • En Corse, les fromages de fabrication traditionnelle, sont marqués par l’omniprésence de micro-productions, dont les recettes se transmettent oralement de génération en génération ou par voisinage;
  • L’utilisation de l’écrit peut aller à l’encontre des informations orales;

L’écrit semble être le gage de crédibilité le plus solide pour les experts chargés d’évaluer un cahier des charges. Or, dans cette logique, on fait relever la notion de patrimoine du sens commun, qui confond souvent la dimension historique, les petites histoires et la notoriété, sans véritable étude scientifique, que l’on réduit à la preuve écrite.

Le problème est que les producteurs choisissent de se protéger selon leurs propres intérêts. Pour beaucoup, il s’agit de protéger un lieu de production en développant une argumentation de nature patrimoniale pour donner un sens, à cette territorialisation.

Ainsi, certains organismes tels que les chambres d’agriculture jouent un rôle très actif dans l’émergence patrimoniale des productions qui deviendront la carte de visite de la région. Ce contexte comporte des risques. Par exemple, la brique du Forez est un fromage qui peut être de lait de vache, de chèvre ou de mélange, fabriqué selon des techniques qui varient avec l’altitude et la géographie.

  • Ces productions, comportant de nombreuses variantes associées à des lieux différents, ont beaucoup de mal à se protéger;
  • Et pourtant, elles restent présentes en grand nombre dans les différentes régions françaises;

Autre exemple, la tomme de Savoie, qui a obtenu une IGP en 1996. Désormais les producteurs doivent s’aligner sur un seul cahier des charges et ne plus utiliser que le terme tomme de Savoie, là où hier encore existait une multitude d’appellations et de modes de fabrication selon les lieux de production.

Cette dimension patrimoniale est ici associée au zéro-défaut, à la récurrence, à la traçabilité et aux normes d’hygiène. Ainsi ces mesures de protection, dont on voit difficilement comment on pourrait s’en passer, ont tendance à entraîner une patrimonialisation à marche forcée des productions les moins investies culturellement et un appauvrissement de la diversité des autres, ou pire une mise à l’écart.

L’obligation d’apporter les preuves de l’antériorité d’une production renvoie au poids de l’oral et de l’écrit. Les témoignages oraux recueillis auprès des anciens ont peu de poids comparés au document écrit. Or, nombre de productions destinées à l’autoconsommation ne bénéficient d’aucune trace écrite.

  1. Dans notre culture, les savoirs acquis de l’expérience, transmis par les anciens, ont un statut subalterne, comparé à celui des savoirs acquis dans les livres;
  2. La nécessité pour la profession de se mettre d’accord sur un contenu qu’elle devra valider ne va pas sans un appauvrissement des pratiques de production;

La place des savoirs locaux, que l’on a tant de difficulté à identifier et décrire a tendance à diminuer. L’écriture rend explicite ce qui autrement serait resté implicite. La règle écrite s’oppose aux pratiques orales; elle force les choix et fige les savoir-faire. Les fromages français contribuent à la diversité culturelle et sont représentatif de la créativité humaine, du patrimoine culturel de la France et de ses différentes communautés. La diversité des fromages gaulois retint déjà l’attention naturaliste de Pline l’Ancien (23 av JC) – par exemple quand il évoque dans son Histoire naturelle, au chapitre XI «  De diversitate caseorum  », un fromage au lait de brebis du pays des Gabales, la Lozère actuelle, semblable au Roquefort ou bien les meules de fromages du pays des Arvernes et du Gévaudan, semblable au Salers, amenés vers Rome par les soldats romains.

Ainsi, cette patrimonialisation très formalisée fixe des pratiques appartenant jusqu’alors essentiellement au domaine de la transmission orale. On tend à s’acheminer vers une forme de vitrification de ces productions jusqu’alors multiformes, en figeant la partie vivante, évolutive, porteuse de diversité potentielle que l’on choisit de transmettre aux générations futures.

Pline l’Ancien établit que les meilleurs fromages provenaient des villages avoisinant Nîmes, bien que ceux-ci ne se conservaient pas bien dans le temps, et devaient être mangés frais. Par ailleurs, les fromages en provenance des Alpes étaient autant remarqués pour leurs variétés que maintenant.

Pline rapporte également une variété de fromage fabriqué par les Ligures, principalement à partir de lait de brebis, dont certains spécimens pouvaient atteindre un poids d’environ cent livres chacun. Les fromages au lait de chèvre apportaient un goût nouveau et apprécié à Rome.

Le goût était notamment amélioré par le procédé de fumaison s’inspirant des pratiques gauloises et rendant un goût médicinal. C’est en France que l’étendue des variétés est la plus large et reflète à la fois la diversité des terroirs et de leurs productions sur les thèmes anciens de l’art laitier et de l’organisation de la communauté.

L’exemple au XIIIème siècle des fromageries monastériennes – qui inventent les techniques d’affinage, ou celui des avatars redevanciers des tommes, ou reblochons, ont pu le montrer. A l’époque, les propriétaires des terres, le plus souvent des moines ou des nobles, possédaient sur les paysans le droit “d’ociège”, sorte de fermage sur le rendement d’une vache.

Au moment du contrôle, ingénieusement, le fermier pratiquait une traite incomplète pour payer moins de location. Dès le départ du contrôleur, il procédait à une seconde traite. Le lait ainsi obtenu n’était sans doute pas très abondant, mais très riche en crème, pour en faire un fromage.

  • Le Reblochon doit ainsi son nom à cette petite fraude, appelée localement la “Rebloche”, car en patois “Re-blocher” signifie pincer les pis de la vache une deuxième fois;
  • L’extraordinaire diversité des fromages français provient de la grande variété des techniques de fabrication utilisées;

Des grasses prairies du pays d’Auge aux pâturages alpins en passant par la garrigue, chaque région possède sa flore. Sur chaque terroir, des animaux produisent des laits différents qui sont traités de manière spécifique. Chacune des familles tire sa richesse de cette combinaison subtile et infinie entre la nature du lait, l’origine du terroir et les procédés de fabrication.

  • Aussi la France compte-t-elle beaucoup plus de fromages que de régions;
  • Chacun d’entre eux présente un goût, une forme, une texture typiques;
  • « Matière délicate et vivante dans laquelle se nichent les identités et les traditions, le fromage exhale l’âme de la terre et de ses habitants » disait Pierre Androuët;

En 1962, Charles de Gaulle décrète « qu’on ne peut pas gouverner un pays qui offre 246 variétés de fromages”. Quand à Winston Churchill, il déclare pendant l’occupation allemande «  qu’un pays capable de donner au monde 360 fromages ne peut pas mourir”.

En réalité il y a plus de 1000 variétés de fromages qui représentent la créativité de notre pays et donnent toute sa dimension à notre civilisation. Cette richesse n’existe dans aucun autre pays du monde.

Les fromages français maintiennent les liens communautaires et collectifs. Des savoir-faire partagés rendent parfois compte de l’organisation du groupe ou de la société tout entière. Autonome et responsable, le producteur de fromage a développé une réactivité et une ouverture d’esprit importante, se liant en permanence avec les professionnels extérieurs afin de nourrir son savoir-faire.

Le producteur de fromages fait vivre nos campagnes, contribue à la richesse du pays et dynamise notre économie agricole. C’est surtout par sa présence sur l’ensemble de notre territoire et de nos campagnes, que le producteur de fromages est le plus utile : acteur de la vie locale, il maintient de l’économie dans des zones rurales souvent désertées par les entreprises.

Élu municipal ou pompier volontaire, le producteur de fromages s’implique souvent dans la gestion de sa commune. Grâce au producteur de fromages et à sa famille, ce sont des écoles qui restent ouvertes, des artisans et des commerçants  des villages qui ont du travail.

Le producteur de fromages dépend entièrement des saisons, du climat, de la nature et des animaux, c’est-à-dire du « vivant ». En phase avec son environnement, dont il se sent responsable et dépositaire pour nous tous, le producteur de fromages veille à utiliser le moins possible de traitements.

Il respecte le développement durable et sait aujourd’hui valoriser au mieux l’usage des engrais, des fumiers et les déjections du troupeau. Toutes ces pratiques sont d’ailleurs très réglementées et contrôlées. Exemplaire dans son tissu communautaire, l’Aubrac, où les rigueurs de l’existence en montagne, la cohérence des pratiques, le caractère profond d’une forme de civilisation ancestrale, le respect des valeurs, ont forgé le sens du travail, de l’hospitalité, de l’accueil.

Tous ces éléments sont sans aucun doute à l’origine de la solidarité active de cette région. Le rayonnement exceptionnel de la gastronomie fromagère locale marque la volonté collective des acteurs locaux.

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Ailleurs, les phénomènes de la transhumance pastorale ou de la montée en estives, cultivés comme un art de vivre, témoignent du tissu communautaire de la production fromagère. Les très nombreuses fêtes villageoises, rites et traditions populaires autour du fromage sont également une preuve évidente du rôle actif de la production fromagère pour maintenir les liens dans nos sociétés modernes de plus en plus individualistes. CONCLUSIONS Beaucoup d’efforts ont été déployés ces dernières années pour protéger le patrimoine fromager, par exemple au niveau européen qui empêche aujourd’hui un État membre d’interdire l’usage du lait cru. Mais ces mesures de sauvegarde ne sont pas suffisantes. L’industrialisation et la concentration des productions fromagères mettent en péril notre patrimoine commun. Les techniques de pasteurisation, de thermisation ou de microfiltration ont un impact négatif sur le goût de nos fromages.

Il est prouvé que l’animal et son alimentation ont un effet important sur les caractéristiques sensorielles des fromages. L’orientation ou l’altitude d’un alpage, qui se traduit par des compositions floristiques très variées conduit à des différences de texture et de flaveur des fromages.

Une étude menée par l’INRA sur la comparaison de fromages au lait cru et au lait pasteurisé a montré, après quatre mois d’affinage, des différences significatives. Une baisse de l’intensité du goût, de la typicité, de l’acide piquant ainsi qu’une augmentation de l’amertume et du mauvais goût ont également été observées dans les fromages pasteurisés.

Il est unanimement reconnu que les fromages au lait cru présentent une richesse floristique et aromatique inégalée. Plus la flore est variée, moins un organisme néfaste a de chance de s’implanter. L’avenir des fromages au lait cru dépend de la vigilance de la filière, de sa mobilisation, de celles des pouvoirs publics et, surtout, du pouvoir de persuasion de nos représentants auprès des instances internationales.

Les industriels utilisent largement les ferments afin de reproduire la typicité d’un fromage après la pasteurisation. Le risque est énorme car l’usage massif des ferments aboutit à des fromages standardisés et ne permet pas de reproduire la richesse aromatique et la diversité des terroirs.

Notre patrimoine fromager est donc en péril. C’est pourquoi, nous devons tous soutenir la démarche d’inscription de la gastronomie française, et entre autre de nos fromages, au patrimoine culturel immatériel auprès de l’UNESCO.

Il s’agit avant tout d’une reconnaissance que la gastronomie française, et notamment les fromages français ont un apport considérable dans la créativité humaine et les liens communautaires. Nous devons sensibiliser les nouvelles générations aux dangers de la mondialisation qui s’accompagne d’une standardisation des goûts et des cultures.

  • Le rôle des productions fromagères françaises dans la diversité culturelle et la richesse des savoir-faire est capital pour l’avenir des peuples, toujours en quête d’identité;
  • L’appauvrissement de la gastronomie aura un impact sur la perte des valeurs identitaires de nos peuples et donc sur le creuset de la Nation;

L’inscription de la gastronomie française, et entre autre de nos fromages, au patrimoine culturel immatériel auprès de l’UNESCO, doit permettre la mise en oeuvre d’actions concrètes : – valoriser le métier et former les nouvelles générations. – accroitre la différenciation du statut des petits producteurs de fromages, permettant de baisser les charges qu’ils supportent, voir de les soutenir.

  1. – inclure l’histoire du patrimoine vivant du fromage dans les programmes scolaires;
  2. – respecter les traditions orales;
  3. – soutenir les fêtes, rites et traditions populaires autour du fromage;
  4. – veiller à limiter l’influence des groupes industriels sur l’identité des productions fromagères, par exemple dans la rédaction des cahiers des charges ou dans leurs initiatives de protections juridiques intéressés sur le patrimoine vivant via les AOC, les IGP ou les labels;

– limiter la standardisation des goûts de nos fromages par l’usage massif des ferments et du traitement thermique du lait en soutenant la filière fermière au lait cru. – accepter une plus grande tolérance dans le contrôle réglementaire, notamment en termes d’hygiène, souvent inadaptée aux petits producteurs.

  • Le coût des analyses microbiennes sur les petites productions de fromages au lait cru est très difficile à supporter – alors que la diversité microbienne contribue à entretenir une compétition bénéfique pour notre flore intestinale;

La médiatisation à outrance des risques sanitaires met en péril notre patrimoine fromager. Il convient de reconsidérer notre analyse des risques à la lumière de l’apport culturel et identitaire. Les fromages et la gastronomie française font indéniablement partie du patrimoine vivant de l’Humanité.

Quel ferment pour le camembert ?

Le camembert est une pâte molle , à croûte fleurie (moisie par un champignon). Il est fabriqué à partir du lait standardisé auquel on a ajouté des ferments lactiques et de la chymosine 520 ; pour réaliser des essais, on utilise des doses différentes. 20 cm 3 / 100 kg de chymosine avec un objectif de découpe de cubes de 3 cm de côté.

50 cm 3 / 100 kg de chymosine avec un objectif de découpe de cubes de 3 cm de côté. 50 cm 3 / 100 kg de chymosine avec un objectif de découpe de cubes de 1 cm de côté. Dans le camembert, l’acidité est grande : elle provoque une perte élevée d’ éléments minéraux , ce qui interdira une masse importante pour le fromage.

Les 50 cm3 de chymosine permettent l’accélération de la coagulation, pour éviter que la crème ne remonte. Schéma de fabrication :          Ajout de CaCl 2 : 10 g / 100 kg et de ferments lactiques mésophiles, au lait thermisé et standardisé, qui a été réchauffé à 36°C. On note le Temps de Floculation : TF Suivi de la floculation          Durcissement. On note le Temps de Durcissement: 3 TF = TD          Découpage au sabre : HD = H + 4 TF Découpage au sabre          Temps sous sérum : 2 TF sérum          1er brassage   : HD + 0,5 TF          2d brassage : HD + 1,5 TF          Moulage avec un répartiteur industriel : MM = H + 6 TF Moulage du fromage          Egouttage et retournements : R1 à HM +2h 30 R2 à HM +4 h R3 à HM +7 h Egouttage

  • Salage à HM + 22 h dans une saumure (320 g NaCl L -1 ), pendant 45 min.

Les retournements permettent de faire redémarrer l’égouttage bloqué par les stries. A la fin de l’ égouttage , les camemberts contiennent encore 48 à 52 % d’eau. Retournement des fromages Saupoudrage des camemberts avec des moisissures sélectionnées qui se développent en surface, formant ainsi la croûte ou fleur. L’affinage en cave à 12 – 14 ° C dure 10 jours. La décomposition des protéines donneront au fromage son aspect moelleux. Dans le circuit commercial, le fromage peut rester à +6, +8°C pendant 3 semaines. Entre le jour de fabrication et le jour de consommation peuvent s’écouler 4, 6 voire 8 semaines, pendant lesquelles l’affinage se poursuit. Camemberts prêts à être saupoudrés d’une moisissure = camemberts “frais” 2 L de lait auront été nécessaires pour fabriquer un camembert de 250 g. On goûte les différentes fabrications de camembert :

  • Les camemberts où l’égouttage a été rapide ont un aspect plus caoutchouteux.
  • Les camemberts fabriqués avec 50 cm 3 de chymosine ont une pâte molle, un goût salé et un peu acide.
  • Les camemberts fabriqués avec 30 cm 3 de chymosine ont une pâte cassante et sont secs.

Fin de la fabrication du camembert Retour | Traitement du lait | Fabrication du saint-paulin | Fabrication du beurre.

Quelle quantité de lait Faut-il pour fabriquer un Charolais ?

C’est cette couverture bleutée qui caractérise, entre autres, le fromage Charolais. Il se présente comme un cylindre d’une hauteur de 7,5 cm. Il pèse entre 250 et 320 grammes. Il faut environ 2 litres de lait pour fabriquer un seul fromage.

Quels sont les composants du ferment lactique ?

Les ferments lactiques – Avantage santé : ils aident à la digestion, améliorent le transit et la flore intestinale, de façon naturelle.

  • Les ferments lactiques sont des micro-organismes vivants. Les bactéries lactiques constituent les principaux ferments lactiques : ce sont les lactobacillus, les bifidobactéries et certains streptococcus. lls font partie de la famille des probiotiques.

On se sert des bactéries lactiques pour la fermentation d’aliments. La fermentation par les bactéries lactiques permet d’améliorer la conservation des aliments, tout en transformant saveurs et textures qui deviennent alors différentes de celles de l’aliment d’origine. C’est le cas des laitages fermentés comme le yaourt, le fromage, le beurre, le babeurre, le kéfir, le lait caillé mais aussi des légumes comme les choux, les carottes, les panais, les betteraves, les concombres, les cornichons,les oignons, etc.

C’est avec des ferments lactiques que l’on prépare la choucroute et le levainn du pain. Cette technique traditionnelle est très ancienne et pratiquée dans le monde entier : elle a l’avantage d’être très simple, de ne peut durer que quelques heures ou plusieurs mois (pour les fromages affinés par exemple, ou pour les saucissons).

Les aliments fermentés les plus courants dans le monde entier : – les produits fermentés à base de lait : lait caillé, yaourt, kéfir et autres lait fermentés – les légumes lactofermentés : choucroute, navets, betteraves, choux – des céréales et légumineuses : bouilles de céréales fermentées, idli indien, pain au levain. Comment Fabrique T-On Le Fromage Pré- et probiotique, quelle différence ?

  • Les ferments lactiques et la conservation : comment ça marche ?

La fermentation lactique est un mode de production d’énergie anaérobie qui déclenche une formation d’acide lactique en présence de glucides et de bactéries spécifiques (les ferments lactiques), C’est cette production d’acide lactique qui va acidifier l’environnement et contribuer à éliminer les autres bactéries, y compris celles qui pourraient être pathogènes ou contribuer à la dégradation de l’aliment. C’est donc ainsi que les ferments lactiques aident à la conservation des aliments. Principe de la conservation des aliments[modifier | modifier le code] Les yaourts maison utilisent le principe de la fermentation lactique. Les légumes portent sur leur surface des micro-organismes (champignons microscopiques, bactéries) qui, laissés à l’air libre, provoquent la putréfaction.

  • En l’absence d’air et en présence d’une légère quantité de sel qui inhibe les autres ferments, ceux de la famille des ferments lactiques prennent le dessus : c’est le début du processus de fermentation lactique;

Ces bactéries se développent en se nourrissant des glucides présents dans les aliments et les transforment en acide lactique. Au fur et à mesure du processus, la quantité d’acide lactique augmentant, le jus devient de plus en plus acide. Cette acidité neutralise le développement de la putréfaction.

  1. Lorsque le milieu devient suffisamment acide (pH autour de 4), les bactéries lactiques sont elles-mêmes inhibées;
  2. Le produit devient stable, ce qui permet une longue conservation;
  3. Pas de risque d’intoxication alimentaire et une meilleure digestion Les résultats pour la santé de celui qui les mangent sont nombreux;

– les ferments lactiques sont une assurance contre les bactéries pathogènes Les intoxications alimentaires sont déclenchées par des bactéries pathogènes. Ce risque n’existe quasiment plus avec les aliments fermentés. Le développement des bactéries lactiques inhibe celui des bactéries pathogènes.

Jadis, dans les pays où on fabriquait de la choucroute, on soignait les diarrhées avec du jus de choucroute ! – les ferments lactiques rendent les aliments plus digestes et plus assimilables Les aliments fermentés sont tous plus faciles à digérer.

La fermentation réalise en effet une prédigestion des aliments. Tous les nutriments sont prédigérés. les glucides : le lactose du lait est transformé en acide lactique dans les yaourts et les laits fermentés – c’est pour ça que les intolérants au lait peuvent manger des yaourts !-.

  • les protéines : elles sont partiellement décomposées, et libèrent les acides aminés qui sont mieux assimilables;
  • Celles des céréales est d’ailleurs toujorus augmentées par la fermentation;
  • les minéraux : ils sont mieux assimilés avec des produits fermentés;

Le fer est assimilé 2 fois mieux dans du gruau fermenté que dans le même non fermenté. les vitamines et les anti-oxydants : les bactéres lactiques sont capables de fabriquer des vitamines et des anti-oxydants, selon le type d’aliments. Dans le tempeh, par exemple, elles sont très nombreuses.

Author: Delmare Gareau
Comment Fabrique T-On Le Fromage?